
Biographie de Robert AmadouRobert Amadou (Bois-Colombes, 16 février 1924 — Paris, 14 mars 2006) a joué un rôle important dans la diffusion de la parapsychologie en France, après la guerre. Adolescent, il se passionne pour l'astrologie, tout en suivant l'enseignement des Jésuites. Il est convié à l'Institut métapsychique international en 1951 pour donner une conférence sur le thème Occultisme et métapsychique. A partir de cette année-là, il collabore activement aux activités de l'IMI, en particulier à la Revue Métapsychique dont il devient le rédacteur en chef. Mais des divergences d'opinion vont bientôt le pousser à quitter l'Institut. En 1954, il publie chez Denoël son livre La parapsychologie, un épais volume (370 pages) qui brosse l'histoire des recherches en parapsychologie outre-atlantique et présente au public français, entre autres travaux récents, les recherches du Laboratoire de Paraspychologie de Joseph Rhine, à la Duke University de Durham. Amadou définit alors la parapsychologie au sens strict et au sens large : "Au sens large, la parapsychologie est la discipline qui s'efforce d'expliquer des phénomènes apparemment aberrants par rapport à la science, soit par la fraude, soit par l'illusion, soit par l'exercice d'une fonction psychologique classique ou nouvelle. Au sens strict, la parapsychologie est la mise en évidence et l'étude expérimentale des fonctions psychiques non encore incorporées dans le système de la psychologie scientifique, en vue de leur incorporation dans ce système, alors élargi et complété." (La Parapsychologie, Denoël, 1954, p.46) La même année, sous l'égide de l'IMI, il publie une compilation de textes "L'Art et l'Occultisme", sous la forme d'un numéro spécial de la Revue Métapsychique. En juillet et août 1953, il organise un Premier Colloque International de Parapsychologie à l'université d'Utrecht, dont les comptes rendus seront publiés en 1954 sous la forme d'un numéro double de la RM (N°29-30, Mai-Août 1954). On y trouve notamment des textes de René Warcollier, Hans Bender, G. Spencer Brown, Samuel G. Soal (qui sera convaincu de fraude dans les années 1970), du philosophe Gabriel Marcel, du psychanalyste Jules Eisenbud, etc. La liste des nombreux participants montre assez la volonté d'ouverture et de mise en place de ponts qu'entendait réaliser Amadou, entre la parapsychologie et les autres disciplines, à la fois des sciences humaines et des sciences dures. La Tour Saint-JacquesParallèlement à son investissement dans l'IMI, il lance La Tour Saint-Jacques, en 1955, revue de bibliothèque qui traite de l'occultisme au sens large : alchimie, sociétés secrètes (la Golden Dawn par exemple), spiritualités, ésotérisme, art et mystique, insolite et bizarre, etc. Assez rapidement semble-t-il, Amadou se fâche avec l'équipe de l'Institut Métapsychique, à cause de divergences sur ce qu'il faut penser de la vieille métapsychique par rapport à la nouvelle parapsychologie anglo-saxonne. Amadou défend alors un point de vue très exigeant, présentant la parapsychologie comme une évolution, plus adulte, rationnelle et scientifique, de la métapsychique d'avant-guerre, dont les animateurs de l'IMI seraient les héritiers trop enthousiastes. Ainsi, en 1956, c'est dans "La Tour Saint-Jacques", et non plus dans la revue de l'IMI, qu'Amadou choisit de publier les comptes rendus du Colloque de Royaumont sur la parapsychologie, qu'il vient d'organiser, avec notamment les participations du psychanalyste Emilio Servadio, d'Ernesto de Martino, des parapsychologues G.W. Fisk et D.J. West, de l'ethnologue Jean Servier, etc. Dès les premiers numéros de la revue "La Tour Saint-Jacques", on voit apparaître en fin de volume un Bulletin de Parapsychologie, indépendant des activités de l'IMI, bulletin dans lequel on retrouvera bientôt les signatures d'Aimé Michel (Principes d'une expérience électronique de psychokinèse, Tour Saint-Jacques n°2, jan-fév 1956), ou de Jacques Bergier, qui y tenait une rubrique Nouvelles de nulle part et d'ailleurs. En 1957 il publie, toujours chez Denoël, dans la collection La Tour Saint-Jacques, son ouvrage Les Grands Médiums, qui présente quelques uns des plus célèbres médiums à effets physiques de l'ère métapsychique (entre 1870 et 1930 environ). Un livre sans concession, qui conclut presque toujours au manque de preuves ou de certitudes bien établies, et qui lui vaudra sans doute quelques inimitiés du côté de l'IMI (Guzik, Kluski, Eva C., entre autres médiums, y sont présentés comme des médiums hautement douteux). En 1958, il publie La télépathie dans la petite collection Bilan du mystère des éditions Grasset. Un ouvrage synthétique (160 pages), qui présente à la fois les raisons de douter et les raisons de croire, illustré de nombreuses photographies. A partir du début des années 1960, Robert Amadou abandonne le domaine de la parapsychologie pour se consacrer à des centres d'intérêts plus spirituels. Il devient gnostique, s'intéresse au soufisme et publie des ouvrages sur divers aspects de l'ésotérisme. Il obtient une thèse de philosophie sur les mystiques du XVIIIème siècle (plus précisément, sur le Philosophe Inconnu Louis-Claude de Saint-Martin), à la fin des années 1970, à Paris. Son ambivalence entre d'une part la défense d'une parapsychologie exigeante et proprement scientifique, et d'autre part son parcours spirituel (on l'a dit martiniste, il était aussi docteur en théologie), lui a été reproché par quelques auteurs, notamment par Imbert-Nergal dans son ouvrage Les sciences occultes ne sont pas des sciences (Editions Rationalistes, 1959). Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 22 mars 2006, après la liturgie des défunts qui fut célébrée en l'église syrienne orthodoxe de Montfermeil (93). Tentative de bibliographie (à compléter)
A lire sur le web
Lire: "Hommage à Robert Amadou" par Emmanuel LE BRET. Revue "la Lettre des astrologues". N°42. Juin 2006. Revue de La Fédération des Astrologues Francophones, dont RA étais menbre d'honneur depuis sa fondation en 1996. Voir http://www.fdaf.org
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