
Biographie de Marquis de Sade
Donatien Alphonse François de Sade (2 juin 1740 à Paris 2 décembre 1814 à Charenton-Saint-Maurice) est un écrivain français, philosophe, libertin, hédoniste et athée, plus connu sous le nom de marquis de Sade. Il doit sa renommée à ses oeuvres contenant des passages pornographiques violents associés à des justifications philosophiques, ainsi qu'à sa vie libertine. Les deux l'ont conduit en prison durant près de 30 ans de sa vie. C'est à partir de son nom que le psychiatre Richard von Krafft-Ebing a forgé le mot sadisme pour décrire l' « excitation sexuelle » d'éprouver du plaisir à infliger de la douleur (algolagnie). Autres dénominations et pseudonymes : Donatien-Alphonse-François de Sade ; Donatien-Alphonse-François marquis de Sade ; marquis de Sade ; Sade ; D.-A.-F. S. ; D.-A.-F. Sade ; D.-A.-F. de Sade ; D.A.F. de Sade ; le Divin Marquis. BiographieJeunesseSade naît à Paris le 2 juin 1740 à l'hôtel de Condé, dans une vieille famille aristocratique, de Jean-Baptiste François Joseph comte de Sade, marquis de Mazan, et de Marie-Eléonore de Maillé de Carman. Sa mère, fille de Donatien de Maillé, marquis de Carman, était la dame d'honneur de la princesse de Condé. Son père, diplomate, était alors chargé de mission auprès du Prince-Electeur de Cologne. Baptisé à Saint-Sulpice, le 3 juin, il est inscrit par erreur sur le registre avec comme deuxième prénom Alphonse au lieu de Aldonse, prénom provençal choisi par ses parents. Image:Blason famille fr Sade01.svg Après une année chez ses tantes en Avignon et dans le Comtat Venaissin, Sade est pris en charge, à partir de 1745, par son oncle paternel, l'abbé de Sade. C'est ce dernier qui s'occupe de son éducation d'abord à l'abbaye Saint-Léger d'Ebreuil, puis à Saumane. Ce libertin et historien de Pétrarque saura lui donner une éducation non conventionnelle pour l'époque. A partir de 1750 il entre au Lycée Louis-le-Grand, alors dirigé par les jésuites à Paris. C'est lors de ces études qu'il découvre le théâtre et la scène, pour lesquels il gardera une passion sa vie durant. Il y fait aussi la connaissance de l'Abbé Amblet qui lui donne des cours particuliers. En 1754, à l'âge de 14 ans, il entre à l'Ecole des Chevau-légers réservée à la seule noblesse et il y fait ses premiers exercices militaires. L'année suivante (1755), il est nommé sous-lieutenant au régiment d'infanterie du Roi. Puis, à partir de 1757, il participe à la guerre de Sept Ans comme cornette (porte-drapeau), aux carabiniers du Comte de Provence (le futur Louis XVIII), frère du Roi Louis XVI. En avril 1759 il est promu capitaine au régiment de cavalerie de Bourgogne. Et dès lors il vient fréquemment à Paris et montre son goût pour la luxure en fréquentant des actrices et des courtisanes. Suite à la fin de la guerre, Sade est démobilisé en mars 1763. Il s'installe alors dans le château familial de La Coste (Vaucluse). C'est là qu'il rencontre Mlle Laure de Lauris, la châtelaine de Vacqueyras dont il tombe amoureux et qu'il veut épouser. Mais, sa famille s'y oppose et il se marie finalement le 17 mai, avec Renée-Pélagie de Montreuil, fille d'un riche magistrat et dont la famille avait de puissantes relations à la Cour. Le libertinImage:Sade-Biberstein.jpg Quatre mois après son mariage, en octobre 1763, Sade est arrêté par ordre du Roi pour la première fois de sa vie. Il est incarcéré pour une durée de 15 jours au donjon de Vincennes. Le motif en est « débauches outrées en petite maison » suite à des excès dans une maison close. Libéré en novembre grâce à l'intervention de son père, il doit rester en résidence obligatoire en Normandie au château d'Echauffour qui appartient à sa belle-famille. En avril 1764, Sade est autorisé à revenir à Paris. La même année il reçoit au parlement de Bourgogne (Dijon) la charge de lieutenant général de Bresse, Bugey, Valromey et Gex, héritée de son père qui s'est démis en sa faveur en 1760. En juillet il entretient une relation avec Mlle Colet (ou Colette), une actrice du Théâtre italien. En 1765 il s'attache à une autre actrice, Mlle de Beauvoisin, et durant l'été, il l'installe même au château de La Coste, la faisant passer pour une parente de sa femme et même parfois pour sa femme. De retour à Paris, il découche fréquemment chez la Beauvoisin. Il est aussi question d'une Mlle C*** rencontrée dans un salon parisien. En 1766, il semble se lasser de la Beauvoisin, et il s'intéresse d'abord à Mlle Dorville, une prostituée, puis à Mlle Leroy, une danseuse de l'Académie royale de Musique. C'est cette même année qu'il commence à louer sa petite maison d'Arcueil à M. Lestarjette. En janvier 1767, son père le comte de Sade meurt lui léguant les fiefs de La Coste, de Mazan et de Saumane et le titre de Comte. Il continuera néanmoins de se faire appeler Marquis (qu'il portait déjà en tant que premier fils d'un comte). Il hérite aussi de nombreuses dettes. En avril il semble vouloir revenir à une carrière militaire, il est nommé capitaine au régiment de cavalerie du Mestres. Quelques jours après, il se rend à Lyon pour rejoindre la Beauvoisin, laissant à Paris sa femme enceinte de cinq mois. Le 27 août, naissance de son premier fils, Louis-Marie, à Paris. Sade, de retour dans la capitale, poursuit de ses assiduités Mlle Rivière, danseuse du ballet de l'Opéra. Il lui propose même d'habiter sa petite maison d'Arcueil mais elle se refuse à lui. La réputation du Marquis s'établit peu à peu et l'inspecteur Marais, qui le surveille régulièrement depuis 1764, prédit que « on ne tardera pas à entendre encore parler des horreurs de M. le comte de Sade ». Le 3 avril 1768 commence laffaire Rose Keller.
Après une seconde incarcération de six mois en 1768 pour flagellation, il est accusé en 1772 d'empoisonnement pour avoir rendu malade une prostituée à qui il avait fait prendre des dragées aphrodisiaques. Il s'agissait de la cantharide officinale ou « mouche espagnole », sorte de coléoptère toxique réputé faire grossir les parties génitales. Indigné qu'un homme de son rang soit inquiété il prend néanmoins la précaution de partir en Italie. Il est condamné à mort par contumace. En se rapprochant de la France en Savoie il est incarcéré dans la forteresse de Miolans dont il s'évade deux ans plus tard. Prisons et écritureC'est pendant cette longue période d'emprisonnement que Donatien Alphonse François de Sade commence à écrire pour dissiper son ennui. Il est libéré en 1790 par la Révolution comme toutes les victimes de lettres de cachet. Révolution et libertéPendant la Révolution, ses deux fils émigrent, sa femme obtient la séparation du fait de ses violences conjugales. Ses biens en Provence ayant été pillés, sans ressources, le marquis de Sade essaie de faire jouer ses pièces de théâtre pour pouvoir survivre. Bien qu'ayant milité dans une section révolutionnaire de quartier, il est condamné à mort en 1793 pour s'être opposé à une mesure inhumaine visant les hôpitaux de Paris. Il échappe à la guillotine à cause d'une erreur administrative, il fait cependant un séjour à la prison Saint-Lazare. Il vit alors modestement de ses publications. Prison et l'asile de CharentonImage:Bonaparte-Cousturier01.jpg Il est arrêté en 1801 à cause de ses écrits outrageux et de leur violence pornographique et interné par décision administrative à l'asile de fous de Charenton. Bien que totalement lucide et malgré ses protestations, il va y rester jusqu'à sa mort. Sur les 74 années de sa vie, il aura passé 30 années en prison. Principales datesImage:Les 120 journées de Sodome.gif
La biographie du marquis de Sade traduit l'esprit de ses écrits : libertin, scandaleux, provocateur ; ses admirateurs d'époque le surnommèrent le Divin Marquis. OeuvresRomans et nouvellesImage:Sade 1.jpeg
Théâtre
Textes perdus ou détruits
Note : Zoloé et ses deux acolythes a souvent été imprimé depuis 1867 sous le nom de Sade mais il n'en est probablement pas l'auteur. Citations
Il a dit, il faut que cela soit; il a dit : "Ce pain que vous voyez sera ma chair, vous le digérerez comme tel : or, je suis Dieu ; donc Dieu sera digéré par vous ; donc le créateur du ciel et de la terre se changera en merde, parce que je l'ai dit ; et l'homme mangera et chiera son Dieu, parce que Dieu est bon, et qu'il est tout-puissant." La Nouvelle Justine, chapitre IV, p 489 Pléiade Lire Sade aujourd'hui[[Image:Aline-et-Valcour T3-P459.jpeg|thumb|right|170px|Illustration pour Aline et Valcour. Castellina soumise à la question.]] Maîtrisant parfaitement la langue française, le marquis de Sade alterne dans ses ouvrages les scènes pornographiques souvent extrêmes et les dissertations philosophiques. Dans "Dialogue entre un prêtre et un moribond" (1782), il affirme un athéisme absolu et ne laissera plus passer une occasion de l'afficher dans ses écrits. Ce n'est qu'à partir du milieu du que son oeuvre, longtemps interdite et diabolisée, sera redécouverte et réhabilitée. Elle n'est plus lue sous le seul angle superficiel du "sadisme" et de la pornographie, mais sous sa fonction libératrice en s'attaquant aux hypocrisies de la société et à la pensée dominante. Le marquis de Sade défend les vices au nom de la nature, en en faisant apparaître les contradictions. Son imagination souvent outrancière est perçue comme le désir de libérer l'homme de ses contraintes. Il peut être considéré comme l'un des grands écrivains français, comme Pierre Choderlos de Laclos et un philosophe qui va jusqu'au bout de ses pensées et aux limites de leurs conséquences logiques. Sade est d'abord un philosophe. Attaquant la morale de son époque, qu'il juge hypocrite, défendant les vices, souvent au mépris de toute logique et en prêtant à la nature les intentions nécessaires pour donner raison à ses personnages libertins, il examine en fait les préjugés, les valeurs, et les conventions sociales, le côté obscur de la philosophie des Lumières. Il s'occupe de sujets faisant l'objet d'un large consensus et attaque systématiquement l'opinion dominante. Les raisonnements des personnages aboutissent souvent à des contradictions flagrantes que l'auteur ne cherche pas à dissimuler, et mettent en évidence le fait que Sade ne cherche pas à convaincre. Lire ses oeuvres uniquement sous l'angle du sadisme relève d'une approche superficielle de ses écrits. Le mot sadisme est un néologisme forgé à partir de son nom. Beaucoup de vices considérés comme tels au sont largement présentés aujourd'hui, preuve que les conventions, si nécessaires soient-elles à la cohésion sociale, changent avec les époques et les pays. Dans un style concis, puissant, agressif, souvent drôle, il alterne dissertations philosophiques et scènes libertines, souvent à la limite extrême du possible, et parfois au-delà. Longtemps interdit, Sade figure aujourd'hui parmi les figures majeures de la littérature française (il est entré dans la prestigieuse "Bibliothèque de la Pléiade" en novembre 1990, 3 volumes). Ces écrits ont eu une influence considérable sur les surréalistes après la première guerre mondiale. Aujourd'hui encore son oeuvre inspire de nombreux écrivains. Camus a dit de luiDans L'homme révolté (1951), Albert Camus dit de Sade qu'il « [...] rassemble en une seule et énorme machine de guerre les arguments de la pensée libertine jusqu'au curé Meslier et Voltaire ». Sources
Voir aussi
Films sur Sade
Pièces de théâtre sur Sade
Romans sur Sade
Essais et biographies sur SadePour les ouvrages qui ont servi de sources à cet article voir plus haut.
Cette biographie de Marquis de Sade est issue de l'encyclopédie libre et collaborative Wikipedia.Vous pouvez consulter la dernière version de la biographie de Marquis de Sade ainsi que la liste des contributeurs à cette biographie ici. Les textes et les images de la biographie de Marquis de Sade sont disponibles sous les termes de la Licence de documentation libre GNU. |