
Biographie de Manéthon de SebennytosManéthon de Sebennytos (), prêtre égyptien a écrit en grec, à la demande de Ptolémée Sôter, l'histoire de l'Egypte (?) en trente volumes. Il était originaire de Sebennytos, ville du delta et dernière capitale pharaonique des Nectanébo. En tant que prêtre, il avait sans doute accès aux listes royales des bibliothèques de temples, mais aussi aux contes populaires à propos de divers pharaons mythiques. Une oeuvre sujette à cautionL'étude de son oeuvre, ou du moins ce qu'il en reste (voir ci-dessous), révèle un élément important : les sources de Manéthon sont multiples. D'une part, une ou des listes royales "officielles". Ces listes ne sont pas historiques mais idéologiques, les dynasties sont recomposées à des fins de propagande officielle et de religion. Par exemple, les pharaons d'Amarna, Akhénaton surtout, n'apparaissent que sous des noms péjoratifs déformés ; d'autres ont tout simplement disparu. Autre exemple, beaucoup de dynasties sont retaillées sans tenir compte des liens familiaux (plus ou moins oubliés d'ailleurs), de façon à obtenir des nombres de rois symboliques, comme le neuf ou le dix (référence à l'ennéade des dieux). Le but est de cautionner la vision cyclique du monde et du temps des prêtres égyptiens (les dynasties se succèdent comme autant de cycles renouvelés de neuf ou dix rois, comme Rê, le soleil qui nait et meurt chaque jour). D'autre part, Manéthon utilise des traditions populaires ou contes dont il reste des bribes : ces légendes transparaissent à travers les rares anecdotes conservées, comme la mort de Ménès, tué par un hippopotame, ou celle de Bocchoris, brûlé par son ennemi. L'unique historien de l'Egypte antique ?Deux conclusions s'imposent : premièrement, pour la première fois dans l'histoire de l'Egypte antique, un Egyptien a essayé de faire de l'histoire comme les Grecs avant lui, en recoupant les informations de sources variées ; deuxièmement, son oeuvre est similaire à celle d'Hérodote : truffée d'erreurs et d'affabulations. Il faut donc être très circonspect avec cette oeuvre, d'autant plus qu'elle n'est pas de première main. L'intérêt des textes de Manéthon réside également dans le fait que leur auteur maîtrisant le grec, il a eu accès au fantastique fonds documentaire de la bibliothèque d'Alexandrie, incendiée quelques siècles plus tard. Des bribes fragmentaires et indirectesEn effet, celle-ci n'est malheureusement connue que par des citations fragmentaires et souvent déformées, données principalement par Flavius Josèphe, historien juif, et par les historiens chrétiens Sextus Julius Africanus (vers 202 ap. J.C.) et Eusèbe de Césarée (vers 325 ap. J.-C.), le tout compilé au par un moine byzantin, Georges le Syncelle ou le Syncelle. Flavius Josèphe ne s'intéresse qu'à ce qui a trait aux Hébreux et au peuple juif ; quant à Africanus et Eusèbe, ils ne cherchent qu'à cautionner la chronologie chrétienne grâce à celle de Manéthon. Ces deux derniers n'ont donc conservé que l'ossature de l'oeuvre de Manéthon, des listes de rois, alors qu'il semble, d'après les passages de Josèphe, que Manéthon y avait adjoint de longs passages de développement dont il ne reste que des traces. Une tradition conservéeMalgré tout, c'est à Manéthon que nous devons la division en dynastie des souverains d'Egypte, une division toujours utilisée par les égyptologues, avec quelques modifications, car elle rend l'analyse de l'histoire égyptienne plus commode. A noter tout de même leur caractère artificiel, déjà évoqué : les et s, tout comme les et s, sont directement liées, la n'existe pas, les et s ne sont qu'une seule et même famille, etc. Voir aussiArticles connexes
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