
Biographie de Johann Joachim WinckelmannImage:Johann Joachim Winckelmann (Raphael Mengs after 1755).jpg Johann Joachim Winckelmann (1717 - 1768) peut être considéré comme le fondateur de l'histoire de l'art et de l'archéologie en tant que disciplines modernes. Il fut le précurseur du néo-classicisme allemand et européen et il reste l'auteur d'une oeuvre de référence et d'une correspondance très souvent citées. Années de formationNé à Stendal dans l'est de l'Allemagne, de milieu modeste (son père est cordonnier), il devait devenir l'expert mondial en architecture de l'Antiquité et le principal théoricien du mouvement néoclassique du . Après avoir entrepris des études de théologie protestante à contrecoeur à l'Université de Halle (Saxe-Anhalt), et avoir fait ce qu'on nommait alors ses humanités, il vécut modestement comme précepteur auprès d'enfants de familles nobles. Puis, en 1748, il se fit engager comme bibliothécaire auprès du grand historien, le comte Heinrich von Bünau, à Nöthnitz près de Dresde. Après qu'il se fut converti au catholicisme, en 1754, ce dernier, lui fit ouvrir les portes de la fabuleuse collection d'art de la Cour de Saxe et celle de la renommée. OeuvresIl publie alors en 1755 son ouvrage : Gedanken über die Nachahmung der griechischen Werke in der Malerei und Bildhauerkunst, Réflexions sur l'imitation des oeuvres grecques dans la peinture et la sculpture qui aura un retentissement international. Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, lui octroie une pension conséquente pour continuer ses études à Rome, et étudier les oeuvres d'art de l'Antiquité in situ. Il est invité à travailler à la cour pontificale comme Bibliothécaire du cardinal Albani, puis prélat des Antiquités et scripteur de la bibliothèque vaticane. Au cours des années suivantes, il publiera :
Défenseur inconditionnel de l'art grec, il y voit les caractéristiques absolues du beau, il apparaît ainsi comme un adversaire du baroque et du rococo. Sa connaissance intime et prodigieuse des oeuvres, acquise notamment lorsqu'il travaillait au Vatican et lors des fouilles de Herculanum, est mise au service de ce qu'il considère comme sa mission : former le goût de l'élite intellectuelle de l'Occident. La formule qu'il trouve pour caractériser l'essence de l'art grec, « noble simplicité et calme grandeur », va inspirer des générations d'artistes et d'architectes après lui comme Benjamin West et Jacques-Louis David, sans oublier les théoriciens de l'art et écrivains allemands comme Lessing, Goethe et Schiller. J.J. Winckelmann rejette la nature sensuelle de l'art, manifestation des passions de l'âme, et invente le « beau antique » en marbre blanc (ignorant comme ses contemporains qu'il était revêtu de polychromie), dont l'esthétique est fondée sur l'idéalisation de la réalité et conditionnée par la liberté politique, la démocratie. Se basant sur les travaux du Comte de Caylus en qui il reconnut une influence importante, il contribua à faire de l'archéologie une science plutôt qu'un passe-temps de riche collectionneur. Son oeuvre principale est lHistoire de l'Art de l'Antiquité (1764), dans laquelle il distingue quatre phases: le style ancien, le style élevé, le beau style et l'époque des imitateurs, qui ont toujours cours aujourd'hui ('style archaïque', 'premier classicisme du ', puis 'second classicisme du IVè', enfin 'style hellénistique') . Il conçoit cette succession à l'image de l'évolution biologique d'un organisme vivant. Ces deux oeuvres fondamentales ont été immédiatement traduites en français. Par ailleurs il écrivit pour le jeune aristocrate balte Friedrich von Berg le Traité sur la capacité à ressentir le Beau (1763), où l'on peut lire: « Comme la beauté humaine doit être conçue, pour être comprise, en une seule idée générale, j'ai remarqué que ceux qui ne sont attentifs qu'aux beautés du sexe féminin et qui ne sont pas ou guère émus par celles du nôtre ont rarement la faculté innée, globale et vive de ressentir la beauté en art. Cette beauté leur semblera imparfaite dans l'art des Grecs, vu que les plus grandes beautés de celui-ci relèvent davantage de notre sexe que de l'autre. » Cet enthousiasme pour la beauté masculine est sans doute révélateur de ses tendances homosexuelles. Le 'roman' de sa mortAlors qu'il faisait étape à Trieste, le 8 juin 1768, Winckelmann fut assassiné dans sa chambre par Francesco Arcangeli, repris de justice séjournant dans la même auberge, à qui il avait montré des médailles antiques que l'impératrice Marie-Thérèse lui avait offertes. Il fut enterré dans la cathédrale de Trieste. Un important procès eut lieu, à l'issue duquel le meurtrier fut condamné au supplice de la roue. En dépit de spéculations plus ou moins oiseuses sur le mobile du crime (crime passionnel homosexuel, meurtre commandité par un archéologue concurrent, par les milieux diplomatiques, les Jésuites, etc.), la version la plus probable demeure celle du crime crapuleux. Il n'est cependant pas interdit aux romanciers et amateurs de faits divers croustillants de broder autour de ce "mystère". Bibliographie
Unbekannte Schriften, éd. S. von Moisy, H. Stichtermann & L. Tavernier, Bayerischen Akademie, Munich, 1987 ;
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Notes et références
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