
Biographie de Honorat de Bueil de RacanHonorat de Bueil, marquis de Racan, né au manoir de Champmarin à Aubigné-Racan le 5 février 1589 et mort à Paris le 21 janvier 1670, est un poète et écrivain français. Issu de la vieille famille de Bueil, Racan, devenu orphelin très tôt, fut admis en 1603 parmi les pages de la Chambre du Roi. « Officier sans passion pour le métier militaire, il manifeste très tôt son dégoût des intrigues et son attachement à la nature, au loisir nonchalant. » Il entreprit ses premiers essais poétiques peu après et fit en 1605 la rencontre du grand Malherbe, en qui il trouva un ami et un maître. Timide, gauche et maladroit, il souffrait, de surcroît, de bégaiement ainsi que d'un défaut de prononciation qui l'empêchait de prononcer correctement les sons R et K, et donc son propre nom qu'il devait souvent écrire dans la paume de sa main avec son doigt pour faire comprendre qui il était à ceux qui ne le connaissaient pas. Trouvant pour toutes ces raisons peu de succès auprès des femmes, il composa néanmoins des vers élégiaques pour la comtesse de Moret, alias Cloris. En 1618 il écrivit ses belles Stances sur la retraite, où l'expérience personnelle assume toute une tradition poétique (des Anciens à du Bartas et à Desportes) et s'exprime en harmonies pré-romantiques :
A nouveau, en 1619, épris cette fois de Catherine de Thermes, alias Arthénice, il compose sa pastorale dramatique Arthénice ou les Bergeries, où transparaît l'influence italienne, qui le rend célèbre. Au cours des années 1621 et 1622 il fait la guerre contre les Protestants, se trouve au siège de la Rochelle, puis au pas de Suse. Entre-temps, il épouse en 1628 Madeleine du Bois. Retiré sur ses terres de Touraine (château de la Roche?) en 1630, il ne les quitte que pour remplir ses fonctions de soldat. En 1634, il entre à l'Académie française, où il occupe le fauteuil 30, et quitte l'armée définitivement aux alentours de 1639. Peu instruit et peu laborieux, selon certains, il écrivit pourtant avec élégance et avec talent des vers remplis de tendresse et de mélancolie, où transparaît un vif amour de la nature. Il composera ses Mémoires pour la vie de Malherbe ainsi que diverses adaptations des psaumes (Sept Psaumes, 1631 ; Odes sacrées, 1651 ; Cent neuf psaumes, 1654). « Disciple assez indépendant de Malherbe, il voit avec inquiétude grandir l'emprise des théoriciens, s'élève contre la tyrannie des règles, défend - lui, le malherbien - la spontanéité et les dons. La sincérité de l'émotion, la science des rythmes et la douceur musicale font de Racan l'un des meilleurs poètes du XVIIe siècle. La Fontaine l'admirait vivement. » Oeuvres complètes en ligne
Références
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