
Biographie de Hector BerliozImage:hector berlioz.jpg Hector Berlioz est un compositeur, un écrivain et un critique français, né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André en Isère, mort le 8 mars 1869 à Paris, au 4 rue de Calais, dans le quartier de la Nouvelle Athènes. Il est considéré comme l'un des plus grands représentants du romantisme européen, bien qu'il récusât le terme de « romantique » qui ne signifiait rien à ses yeux. Il se définissait en fait comme un compositeur classique. Sa musique eut la réputation de ne pas respecter les lois de l'harmonie, accusation qui ne résiste pas à une lecture approfondie de ses partitions. On y découvre, paradoxalement, que Berlioz respecte les fondements historiques de l'harmonie datant du (règles régissant les mouvements contraires et conjoints), mais qu'il s'affranchit parfois des règles supplémentaires apparues plus tardivement et esthétiquement discutables (règles de modulation cadentielle entre autres). BiographieLes débutsImage:Berlioz young.jpg Alors que sa formation musicale est rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet. Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la Restauration des Bourbons, période marquée d'un grand élan culturel et intellectuel . En 1823 il étudie la composition au Conservatoire de Paris. Il découvre aussi Goethe et son Faust : il va écrire sur la traduction de Gérard de Nerval tout d'abord Huit scènes de Faust (1828) et puis en 1846 la légende dramatique La damnation de Faust. L'exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck va l'impressionner. La Symphonie fantastiqueDès 1830 ses études, ses influences et aussi son génie (ainsi que son amour dévorant pour Harriet Smithson) lui permettent d'écrire la Symphonie fantastique op. 14 qui enthousiasme Franz Liszt mais provoque un grand scandale auprès d'un public qui ne se rend pas compte de la portée de l'oeuvre : elle va relancer la « musique à programme » ou « musique descriptive » et trouver des prolongements dans toute la musique allemande (Liszt, Richard Strauss) ou française (Saint-Saëns, Dukas) qui va suivre. Dès 1834, il se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale puis dans le Journal des débats, et y soutient son système musical, qui subordonne l'harmonie à la recherche de l'expression. Les voyages, le critique-écrivainIl remporte le prestigieux Prix de Rome avec sa cantate La dernière nuit de Sardanapale, ce qui l'oblige à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis), il rencontre Mendelssohn mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois. En 1831 et 1832, son séjour lui inspire Lélio ou le retour à la vie, Le roi Lear et il compose Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron, Childe Harold's Pilgrimage, cette oeuvre est comme une « seconde Symphonie fantastique ». Il est engagé en 1835 comme critique musical dans Le Journal des Débats où ses articles devaient faire date et lui valoir de nombreuses inimitiés. Il signe ses articles jusqu'en 1864. Le RequiemAlors qu'à travers l'Europe, il était considéré comme un héros romantique, il demeurait un ennemi à Paris où la musique était avant tout affaire de politique et de pouvoir, d'alliances et de trahisons. Ainsi, lorsqu'il obtint un contrat du ministère des beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent (en vain) de faire échouer le contrat. Mais après qu'il eut fini l'oeuvre (en l'espace de trois mois), que les arrangements eurent été pris pour sa création, le ministère annula, sans explication, le concert. Le Requiem eut sa chance, toutefois, grâce au concours d'amis bien placés, en décembre 1837 en la Chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles, de la famille royale, du corps diplomatique et de tout la société parisienne ; Berlioz avait obtenu 190 instrumentistes, 210 choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, que seize tambours. Le Requiem lui gagna une acclamation immense de la part des critiques ainsi que de la part du public. L'opéraEn 1838, pour son entrée à l'Opéra avec Benvenuto Cellini l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à un échec des représentations. La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle des Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, l'île inconnue) pour voix et piano qu'il orchestrera par la suite. En ces années son prestige comme chef d'orchestre est plus important qu'en tant que compositeur et plus à l'étranger qu'en France ; il joue ses oeuvres mais aussi celles de ses confrères en Belgique, Allemagne, Angleterre, Hongrie ou en Russie avec sa nouvelle compagne la cantatrice Marie Recio. La création de L'enfance du christ est un triomphe (1864). La période anglaise 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l'orchestre de Drury Lane à Londres, dirigé par le chef d'orchestre et compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres qui a sollicité Berlioz...qui, après l'avoir encensé le maudira. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d'un titre. Les TroyensEn 1856 il débute la compositions de son « opus magnum » les Troyens, en écrit le livret inspiré par le poème épique oeuvre de Virgile L'Enéide. La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, l'influence de Virgile et de Shakespeare est récurrente dans son oeuvre. Les Troyens est achevé deux ans plus tard mais il ne peut le faire jouer en intégralité, les administrateurs sont effrayés par la durée et les moyens exigés par l'oeuvre. Il va encore composer l'opéra-comique Béatrice et Bénédict sur Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare ; après la mort de Marie, puis de son fils Louis, il tombe malade ; à la suite d'une triomphale tournée en Russie au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff ou Borodine, il meurt le 8 mars 1869 : il est enterré au cimetière de Montmartre avec ses deux femmes Harriet Smithson et Marie Recio. Son oeuvreAnalyseElle est marquée par sa grande inspiration par les thèmes beethoveniens et shakespeariens qui vont s'entrecroiser dans toute sa production avec aussi son attachement à la musique de la période révolutionnaire ou de l'Empire comme le prouve son admiration pour Gluck ou Spontini. L'orchestrateur de génieSans tomber dans l'exagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéresse énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami d'Adolphe Sax dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des Saxophones. Une oeuvre parfois mal aimée en FranceIrréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son oeuvre est restée longtemps méconnue, voire mésestimée, dans son propre pays, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et bien sûr la Symphonie Fantastique (superbe et indémodable enregistrement de Charles Münch à la tête de l'Orchestre de Paris). Elle fut cependant reçue en Allemagne, depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl à la fin du jusqu'à Rafael Kubelík qui fut l'artisan de leur résurrection dans les années 1960. Depuis lors, les Allemands ont su organiser chez eux des congrès Berlioz, par exemple à Essen-Werden en juin 2003, sous l'initiative d'Hermann Hofer et Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés au répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen. En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon accueillit pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. On notera également que Les Troyens fut l'ouvrage lyrique représenté lors de l'inauguration de l'Opéra-Bastille à Paris en mars 1990. EcritsIl était membre de l'Académie des beaux-arts et a laissé plusieurs ouvrages :
Son oeuvre critique est regroupée et rééditée depuis trente ans en France : les Mémoires, puis la Correspondance générale en huit tomes chez Flammarion, publiés sous les auspices de l'association nationale Hector-Berlioz ; la Critique musicale en dix tomes, en cours chez Buchet-Chastel sous la direction d'Yves Gérard et Marie-Hélène Coudroy. CompositionsLa liste complète en a été établie par D. Kern Holoman dans son catalogue thématique. Oeuvres orchestrales
Opéras
Oeuvres chorales
DiscographieDans les années 1960 et 1970 alors que Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, Colin Davis va oeuvrer pour la réhabilitation de Berlioz en enregistrant une grande partie de ses compositions. Par la suite, de nombreux musiciens français ont également consacré des enregistrements à Berlioz. Depuis André Cluytens qui fut le premier à avoir l'idée dès 1965 d'enregistrer tout Berlioz , Charles Munch et Jean Fournet, Berlioz a notamment été enregistré par Georges Prêtre, Serge Baudo, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin et Michel Plasson. Sélection d'enregistrements
NotesVoir aussiBibliographie
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